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Pratique · 13 octobre 2026 · 5 min de lecture

Inventaire de réactifs de laboratoire : lots, étiquettes et rotation FEFO

Un flacon dont on ignore le lot, la date de réception ou la date de mise en solution ne produit plus de données fiables. Une méthode simple pour garder un stock traçable.

Laboratoire Amino7 : inventaire réactifs laboratoire

Un inventaire de réactifs de laboratoire mal tenu finit toujours par produire la même scène : un flacon au fond du réfrigérateur, sans date lisible, dont personne ne sait à quel lot il appartient ni depuis quand il est en solution. Les résultats obtenus avec lui ne peuvent plus être rattachés à rien. Bonne nouvelle : éviter ce scénario ne demande ni logiciel coûteux ni procédure lourde. Voici une méthode en sept briques, applicable avec un simple tableur.

Pourquoi l'inventaire conditionne la valeur des résultats

Un résultat expérimental n'a de sens que si l'on peut dire avec quoi il a été obtenu. Avec des réactifs peptidiques, cela signifie connaître le lot, l'état du flacon (poudre ou solution), son âge et ses conditions de conservation. Sans ces informations, une dérive dans les mesures devient impossible à expliquer : vient-elle du protocole, de l'opérateur ou d'un flacon dégradé ?

L'inventaire n'est donc pas une corvée administrative : c'est la mémoire du laboratoire, celle qui permet de comprendre un écart plusieurs mois plus tard.

Le registre : une ligne par flacon physique

La base de tout le système tient dans un seul tableau, avec une ligne pour chaque flacon réellement présent, et non pour chaque référence. Les colonnes utiles sont les suivantes :

  • référence du produit et dosage ;
  • numéro de lot, tel qu'imprimé sur l'étiquette ;
  • date de réception ;
  • emplacement précis (congélateur, réfrigérateur, étagère, boîte) ;
  • date de mise en solution et solvant utilisé, le cas échéant ;
  • date d'ouverture et nom de la personne qui a manipulé ;
  • lien vers le certificat d'analyse archivé.

Un tableur partagé suffit largement. L'essentiel est que chaque flacon soit identifiable de manière unique, par exemple avec un numéro interne reporté sur son étiquette.

Une étiquette en quatre champs, lisible dans la durée

Une étiquette efficace se lit en une seconde. Elle reprend quatre informations dans un ordre fixe : référence, dosage, lot, date. Pour un flacon mis en solution, on ajoute le solvant, la concentration obtenue et la date de préparation.

Le support compte autant que le contenu : un marqueur qui résiste au froid et à l'humidité, ou des étiquettes prévues pour le congélateur. Une étiquette qui s'efface après quelques semaines au froid ne remplit plus son rôle, et le flacon redevient anonyme.

Rotation FEFO : le premier qui expire sort en premier

La logique la plus répandue dans les stocks courants est le FIFO (premier entré, premier sorti). Pour des réactifs dont la stabilité varie selon le lot et l'état, la règle plus pertinente est le FEFO : first expired, first out. On utilise d'abord le flacon dont la fenêtre de stabilité se termine le plus tôt, même s'il est arrivé après un autre.

Concrètement, on range les lots à échéance proche à l'avant, et on organise une revue mensuelle rapide pour repérer ceux qui approchent de leur limite. Les repères de durée sont rappelés dans notre article sur la conservation des peptides lyophilisés et reconstitués.

Trois zones de stockage, et deux zones à part

Séparer physiquement les flacons selon leur état évite la majorité des erreurs de manipulation :

  • −20 °C : poudres lyophilisées scellées, réserve à long terme ;
  • 2 à 8 °C : solutions en cours d'utilisation, à l'abri de la lumière ;
  • température ambiante (15 à 25 °C) : consommables, solvants non ouverts, eau bactériostatique.

Deux espaces supplémentaires complètent le dispositif : une zone de quarantaine pour les flacons en attente de contrôle à réception ou suspects, et une zone de mise au rebut pour les lots déclassés. Ni l'une ni l'autre ne doit se mélanger avec le stock actif.

Surveiller le froid, et noter les incidents

Un thermomètre minimum-maximum dans chaque enceinte froide, relevé chaque semaine et consigné, suffit à détecter la plupart des problèmes. Une porte mal fermée, une coupure de courant ou un dégivrage passent souvent inaperçus sans ce relevé.

En cas d'écart de température, la bonne pratique consiste à noter l'événement (durée estimée, température atteinte) et à placer les lots concernés en quarantaine plutôt que de les remettre en service sans trace. Notre article sur la stabilité des peptides et la chaîne du froid aide à évaluer ces situations.

Une routine courte plutôt qu'un grand ménage annuel

Un inventaire ne reste fiable que s'il est entretenu régulièrement. Plutôt qu'un rangement complet une fois par an, une routine de quelques minutes répartie dans le temps donne de bien meilleurs résultats :

  • à chaque manipulation : mettre à jour la ligne du flacon (ouverture, mise en solution, flacon terminé) ;
  • chaque semaine : relever les thermomètres et vérifier que les flacons en solution sont encore dans leur fenêtre de stabilité ;
  • chaque mois : comparer le registre au contenu réel des enceintes, retirer les lignes des flacons vides et signaler les lots proches de leur limite.

Confier cette revue mensuelle à une personne identifiée, en alternance si besoin, évite qu'elle ne soit repoussée indéfiniment.

Archiver les certificats au même endroit que le stock

Le certificat d'analyse de chaque lot doit être retrouvable en quelques secondes depuis la ligne d'inventaire. Une convention de nommage simple, du type RÉFÉRENCE_LOT_CoA.pdf, et un dossier unique suffisent. Un certificat introuvable au moment d'analyser des résultats équivaut, en pratique, à un lot non documenté.

L'inventaire commence d'ailleurs dès l'arrivée du colis : notre check-list de réception d'une commande de réactifs montre comment créer la ligne et archiver le certificat dans la foulée.

Questions fréquentes

Comment organiser un inventaire de réactifs de laboratoire ?

Tenez un registre avec une ligne par flacon : référence, dosage, lot, date de réception, emplacement, date de mise en solution, opérateur et lien vers le certificat. Ajoutez une étiquette standardisée et une rotation FEFO, et le stock reste traçable.

Quelle est la différence entre FIFO et FEFO ?

Le FIFO sort en premier ce qui est entré en premier. Le FEFO sort en premier ce qui expire en premier, quelle que soit la date d'arrivée. Pour des réactifs dont la stabilité varie selon le lot et l'état, le FEFO limite les pertes.

Que mettre sur l'étiquette d'un flacon de réactif ?

Au minimum la référence, le dosage, le numéro de lot et la date. Pour un flacon en solution, ajoutez le solvant, la concentration et la date de préparation, avec un marqueur qui résiste au froid et à l'humidité.

Que faire d'un lot exposé à une mauvaise température ?

Notez l'incident, sa durée estimée et la température atteinte, puis placez le lot en quarantaine. Il ne doit pas revenir dans le stock actif sans évaluation, et toute utilisation ultérieure doit mentionner cet événement.

Usage recherche uniquement. Les pratiques décrites concernent la préparation d'échantillons en laboratoire et ne constituent ni une instruction d'administration, ni une recommandation d'usage.

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Produits destinés à la recherche. Non destinés à la consommation humaine ou animale.